Par Hakim Bey

La ZAT (1), comme tactique radicale consciente, émergera sous certaines conditions :

 1 / Une libération psychologique. C’est-à-dire que nous devons réaliser (rendre réel) les moments & les lieux où la liberté est non seulement possible mais tangible. Nous devons savoir de quelles manières nous sommes véritablement opprimés, mais également de quelles façons nous sommes refoulés & piégés dans une illusion dont les idées nous oppriment. Le TRAVAIL, par exemple, est une source de misère bien plus réelle pour la majorité d’entre nous que la politique. L’aliénation est bien plus dangereuse pour nous que des idéologies mourantes dépassées & édentées. La dépendance mentale aux « idéaux » – qui se révèle n’être en réalité qu’une projection de nos propres ressentiments & sensations de victimisation – ne fera jamais avancer notre projet. La ZAT n’est pas le signe avant-coureur d’une quelconque Utopie Sociale illusoire pour laquelle nous devrions sacrifier nos vies afin que les enfants de nos enfants puissent respirer un peu d’air libre. La ZAT doit être la scène de notre autonomie actuelle, mais elle ne peut exister qu’à la condition que nous nous considérions déjà nous-mêmes comme des êtres libres.